Comme nous l’avons vu dans l’article de la semaine dernière, lors de la création d’entreprise, la banque peut vous demander des garanties sur le financement de votre projet.
Outre les nombreuses garanties classiques possibles comme le nantissement de fonds de commerce, le nantissement de titres, la caution personnelle, etc…, il existe des fonds de garantie diffusés par les organismes de financement professionnel.
Certains fonds sont spécialisés dans la création d’entreprise. Ils peuvent être nationaux, régionaux ou locaux.
En voilà une liste non exhaustive :

Quelque soit la garantie proposée par votre banque, elle doit toujours être en concordance avec l’objet et le montant du prêt sollicité.
Céline, Julie et Sandrine
Ça y est….Après avoir accompli toutes les formalités nécessaires, votre projet de création d’entreprise voit le jour !
Pour financer le début de votre activité, vous avez plusieurs possibilités de prêts :
1/ Les prêts d’honneur : ce sont des prêts préférentiels accordés par des organismes extra-bancaires ou par les banques elles-mêmes dans le cadre d’accords avec des structures de créations d’entreprises. Ils constituent un véritable « coup de pouce » pour les entrepreneurs n’ayant pas ou peu d’apport personnel.
- Le montant accordé se situe entre 2.000 € et 15.000 € ; parfois, certains organismes augmentent leur participation jusqu’à 30.000 € ou plus, pour des projets ayant de bonnes perspectives de développement
- Leur durée est généralement comprise entre 2 et 5 ans,
- Ils sont généralement consentis à taux zéro
- Aucune garantie n’est exigée (d’où l’appellation prêt « d’honneur »)
2/ Le Prêt à la Création d’Entreprise (PCE) : il est accordé par OSEO pour financer les frais liés au lancement de l’entreprise. OSEO est une entreprise publique qui a pour mission l’aide à l’innovation, la garantie des concours bancaires et des investisseurs en fonds propres, le financement en partenariat.
Le PCE doit être obligatoirement accompagné d’un concours bancaire dont le montant est au minimum égal à 2 fois celui du PCE.
- Le montant accordé se situe entre 2.000 € et 7.000 €
- Il est remboursable sur 5 ans
- Son taux est identique à celui du prêt bancaire associé, dans la limite d’un taux plancher publié mensuellement
- Aucune garantie n’est demandée
3/ Les financements bancaires : les banques financent en crédit moyen-long terme des investissements physiques, le fonds de commerce et éventuellement le besoin en fonds de roulement.
En principe, les banques ne prêtent pas sans exiger des garanties : d’abord sur les biens financés (hypothèque, nantissement, gage), ensuite, selon le cas, par des cautions personnelles.
Si, après analyse de votre dossier, les garanties présentées sont jugées insuffisantes, votre dossier risque d’être refusé sauf à prévoir d’autres sûretés.
Exemple : la prise en charge partielle du risque de la banque par un organisme tiers : fonds de garantie ou société de caution mutuelle.
Les Fonds de garantie peuvent être nationaux, régionaux ou locaux et concerner particulièrement la création d’entreprise, comme :
- OSEO,
- le Fonds de garantie à l’initiative des femmes FGIF,
- les fonds de garantie de France Active, tournés vers des créateurs en situation personnelle difficile : allocataires du RSA, chômeurs en fin de droits,…
- les Sociétés de caution mutuelle (SCM) généralistes comme la Siagi ou spécialisées par secteurs d’activité accordent généralement leur garantie à hauteur minimale de 50 %,
- OSEO Région (filiale d’OSEO et de la CDC) qui a passé des accords avec certains Conseils régionaux ou Conseils généraux pour mettre en place un régime de garantie, dont le taux de couverture est généralement plus favorable aux créateurs d’entreprises que les fonds de garantie habituels.
Outre les financements, vous pouvez bénéficier d’aides et de subventions « au créateur » distribuées essentiellement par l’Etat. Certaines relèvent de concours organisés par des fondations ou associations aidant les créateurs à travers des dons ou des bourses.
Avant la création d’une entreprise il faut analyser des nombreux facteurs qui peuvent avoir un impact sur sa conduite et sa performance. Parmi ces facteurs on distingue :
La première étape incontournable d’une bonne analyse d’activité est une analyse de l’environnement constituée d’une analyse du macro-environnement, de l’analyse sectorielle, du positionnement au sein d’un secteur. Tout cela est nécessaire pour pouvoir mettre en évidence les opportunités et les menaces de l’entreprise.
L’analyse sectorielle et macroéconomique est une étape déterminante pour la création d’une entreprise dans les meilleures conditions. L’étude permet d’identifier les facteurs susceptibles d’avoir un impact sur la demande et l’offre des produits de l’entreprise.
Le résultat d’une entreprise résulte, dans une certaine limite, des choix stratégiques d’entreprise, des conditions macroéconomiques, des conditions économiques spécifiques au secteur. Par exemple, les secteurs de l’industrie de l’automobile et du secteur de l’acier sont particulièrement sensibles aux modifications des conditions macroéconomiques, tels que le niveau des taux d’intérêts et de la croissance du PIB. Où aussi la chute du mur de Berlin a ouvert des nouveaux marchés aux entreprises.
Les entreprises doivent prendre en compte les forces sectorielles qui structurent la concurrence au sein d’un secteur. Selon Porteur (1982), les conditions de concurrence au sein d’un secteur sont influencées par 5 forces, indiquées dans le tableau ci-dessus.
Vous pouvez, par exemple, poser la question suivante: est-il préférable se situer en amont ou en aval dans la filière économique ? Il faut savoir que dans le rapport entre les fournisseurs et les clients, ceux qui sont les plus concentrés, bénéficient d’une position plus favorable. On peut se rappeler du malheur des agriculteurs vis-à-vis du succès de la grande distribution.
Les produits de substitution peuvent représenter une menace comme par exemple l’information que vous recevez via Internet remet en cause des journaux papier. Ici les produits fondés sur la technologie numérique se substituent à l’offre traditionnelle.
L’obtention d’un diplôme constitue une barrière à l’entrée d’un secteur d’activité médicale pour des nouveaux entrants.
Il faut évaluer la rivalité avec des concurrents directs. Par exemple, lorsque le taux de croissance de l’activité ralentit, la croissance de l’entreprise passe par l’acquisition de parts de marché des concurrents. Et plus le profil des concurrents est proche, plus la rivalité est forte. Il faudra alors chercher à se différencier et peut être à se positionner dans des niches à la recherche d’une demande limitée, mais stable.
L’analyse des facteurs internes se limite à l’analyse interne de l’organisation, des ressources propres et des compétences, ce qui permet d’analyser la capacité stratégique de l’entreprise.
A l’issue de ces analyses il faudra donc bien préparer la stratégie de sa propre entreprise basée sur des critères comme : la politique de marque, la qualité des produits et des services, le profil des clients, les diversifications, le prix des produits, la technique de production utilisée, la localisation, l’extension géographique, la politique d’innovation, la structure de capital de l’entreprise.
Un bon choix stratégique est une clé essentielle de succès de l’entreprise !
Aurélie et Margarita
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Bonne lecture
Anne, Céline et Julie
Imaginez qu’un jour, une de vos connaissances vienne vous voir en vous disant qu’elle aurait besoin d’une voiture pour quelques jours et vous demande si vous ne connaitriez pas quelqu’un qui pourrait lui en prêter une. Vous connaissez beaucoup de monde et sur le nombre, cela peut intéresser quelqu’un.
Mais, connaissant vos amis (ils sont très attachés à leurs voitures !), vous savez qu’ils voudront savoir si ce monsieur est un bon conducteur.
Vous allez donc lui demander s’il a déjà eu des accidents, combien de points il a sur son permis, où va-t-il utiliser la voiture ? Etc.… afin de vous forger une opinion et estimer le risque que votre connaissance ne rende pas la voiture en bon état.
Sans le savoir, vous venez de « faire de l’ombre » à Standard & Poor’s, Moody’s et autres Fitch !
En effet, votre démarche et celle des trois principales agences de notation financière est similaire : estimer le risque. Vous l’avez étudié sur le fait que votre connaissance rende la voiture en bon état ; Les agences de notation financière le font sur celui de non recouvrement de créance. En d’autres termes, le risque qu’une structure (entreprise, collectivité publique, Etat) ne puisse plus rembourser ses dettes.
Le résultat de cette étude est l’attribution d’une note (rating). Le système de notation varie légèrement suivant les agences mais va de « AAA » (le fameux triple A !) pour Standard & Poor’s et Fitch Ratings (Aaa pour Moody’s) qui correspond à un risque presque inexistant à « D » où l’emprunteur est en faillite.
Pour une entreprise, l’analyse porte sur l’étude de son environnement, sa stratégie ainsi que son positionnement sur le marché. Sont également analysés les documents financiers passés et prévisionnels, les risques liés à la structure du financement à travers les états de synthèse mais également ses performances économiques.
Enfin, lorsqu’il s’agit de noter un Etat, on observe ses politiques monétaires et budgétaires mais aussi la situation économique du pays et sa stabilité.
La notation financière est réalisée (et payée) par le demandeur (l’entreprise ou l’Etat) sauf cas particulier où des organismes régulateurs comme l’AMF peuvent demander un rating aux agences spécialisées.
Ces notes permettent aux pays ou aux entreprises étudiées d’emprunter sur les marchés à des taux plus ou moins élevés. Plus la note est bonne, plus les investisseurs ont confiance et pratiquent des taux bas. Plus l’appréciation est dégradée, plus ces mêmes investisseurs estiment qu’il y a risque à prêter et font payer ce risque par des taux élevés.
De même pour un état ; si sa note est abaissée, les investisseurs risquent de fuir et de plonger ainsi le pays dans une situation de crise.
L’influence des agences de notation sur les marchés et l’économie est donc importante. Beaucoup la jugent démesurée. D’autant plus que leur fonctionnent peut faire apparaitre certaines faiblesses.
En premier lieu, le manque de concurrence : 90 % du marché de la notation est entre les mains des trois plus grandes agences que sont Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Cette concentration pouvant nuire au bon fonctionnement du marché.
Deuxièmement un manque de transparence dans la façon dont les notes sont attribuées.
De plus, la notation est-elle réellement impartiale alors que l’on sait que la rémunération des agences de notation qui sont toutes des entreprises privées, provient des honoraires versés par les clients qui sont notés ? Comment être intègre en étant à la fois « juge et partie » ?
La responsabilité des agences de notation avait déjà été mise en cause au début des années 2000 car peu de temps avant sa faillite, la société ENRON bénéficiait encore de la meilleure note AAA.
Afin d’éviter ces dérives les grands pays industrialisés ont promulgués des lois visant à favoriser la transparence sur les méthodes de travail des agences de notation et stimuler la concurrence sur leur marché.
Les agences exerçant au sein de l’Union Européenne sont régies, depuis 2004, par le code de bonne conduite de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV). Elles sont aussi soumises à une évaluation annuelle du Comité européen des régulateurs des marchés de valeurs mobilières (CERVEM).
Toutefois, ces mesures ne sont pas satisfaisantes car superficielles et les agences de notation sont toujours mises en cause dans les dérives des marchés financiers.
Avec le raz de marée qu’a provoqué la perte du triple A de la France dans l’opinion publique, ressurgit l’idée de la mise en place d’une autorité supérieure à l’échelle européenne encadrant les agences et pourquoi pas la création d’une agence de notation européenne.
Les propositions de réglementation ne s’avèreront sans doute pas suffisantes pour réduire les risques de dérive liés à la notation financière. C’est aussi avant tout aux utilisateurs de l’information financière d’être prudents, car le rating n’est en effet qu’un indicateur parmi d’autres et les agences de notation sont avant tout des prestataires de service et non pas des organismes habilités à certifier des notes. Il est important que les investisseurs prennent leur responsabilité par des analyses de risque complémentaires.
Céline, Sandrine et Vincent







